Sollicitation de la justice belge pour protéger les abeilles !

La société civile sollicite la justice belge pour protéger les abeilles des dérogations données aux néonicotinoïdes

En avril 2018, après plus de 15 ans de débats et procédures, 76% des Etats membres de l’Union Européenne (UE) soutenaient la proposition de la Commission Européenne d’en finir avec l’utilisation en plein champ des néonicotinoïdes, ces insecticides contribuant au déclin des pollinisateurs et des insectes en général . La Belgique n’avait pas soutenu cette proposition réclamant avec entêtement une exception pour la culture de la betterave, malgré les risques pour l’environnement. En décembre dernier, la Belgique a fourni à ses agriculteurs des dérogations pour l’utilisation de néonicotinoïdes pour différentes cultures : betteraves, carottes et laitues. Considérant que de telles dérogations ne respectent pas les conditions posées par le règlement pesticide de l’Union Européenne, les ONGs Nature et Progrès Belgique et le Pesticide Action Network (PAN) Europe ont introduit un recours devant le Conseil d’Etat pour casser cette décision.

Marc Fichers, secrétaire général de Nature et Progrès indique : « le recours systématique aux pesticides chimiques a détruit une partie importante de l’entomofaune de nos campagnes, la destruction des insectes est également responsable de la disparition des oiseaux.  Il est urgent de donner la priorité aux alternatives non chimiques.

Martin Dermine, expert abeilles pour PAN Europe confirme que « La Belgique outrepasse régulièrement le cadre légal en fournissant des dérogations à ses agriculteurs pour des pesticides hautement toxiques, ce que ne font pas certains de nos voisins européens qui donnent priorité aux alternatives non-chimiques et protègent mieux la santé de leurs citoyens et l’environnement ».

En effet, la Belgique est un mauvais élève en termes d’utilisation de pesticides : de nombreuses dérogations sont fournies pour des produits hautement toxiques (chlorpyrifos, dichloropropène, chloropicrine, métham sodium, etc.) et l’utilisation de pesticides en agriculture est la deuxième la plus élevée en Europe. D’autres pays tels que la France, le Royaume-Uni ou encore l’Allemagne ont décidé de rejeter des demandes de dérogations relatives à l’utilisation des néonicotinoïdes en betteraves sucrière, notamment afin de protéger l’environnement.

Martin Dermine ajoute : « Nos autorités ont une approche très favorable à un modèle d’agriculture extrêmement intensive et polluante. En fournissant de telles dérogations, le ministère soutient un modèle agricole dépassé alors que d’autres modèles existent et se développent pour nourrir l’humanité sans intoxiquer les citoyens et polluer durablement notre environnement ».

Marc Fichers de conclure : « Déroger à l’interdiction des néonicotinoïdes est un très mauvais signal pour les agriculteurs, c’est leur donner l’illusion que l’avenir de notre agriculture est dans la lutte chimique. Et pourtant, la population exprime régulièrement son souhait de s’éloigner des pesticides. Optons dès lors pour une production agricole plus respectueuse de l’environnement, c’est tout profit pour notre santé et celle de la Terre.


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