Les auxiliaires et l’aménagement du jardin

Les auxiliaires et l’aménagement du jardin par Philippe Delwiche

 

Un havre de vie sauvage

 

Pourquoi le paradis terrestre – du moins l’idée que nous nous en faisons – a-t-il, dans notre imaginaire occidental, cette allure si aseptisée ? Des pelouses uniformes et bien vertes, des végétaux bien rangés, quelques papillons virevoltants pour la vue, des oiseaux et leurs chants pour l’ouïe, des fleurs réunies en parterres et des plantes aromatiques pour l’odorat, quelques arbres fruitiers où pendent de beaux fruits pour le goût… Mais jamais d’orties pour le toucher, ni le moindre « désordre » ! Dieu ignorerait-il la permaculture ?

 

Ces souvenirs, enfouis dans la mémoire collective, sont-ils symptomatiques de la peur panique que provoquait la vraie nature sauvage, dont il ne reste rien aujourd’hui ? En tous cas, l’histoire des jardins et toutes les sources iconographiques dont nous disposons nous montrent que l’Homme a toujours eu cette volonté d’éloigner de lui le moindre aspect sauvage des jardins.

Sans tomber dans l’excès contraire, sans renoncer nécessairement à quelques morceaux de pelouse bien tondue ou à quelques alignements de légumes, il est impératif de transformer nos jardins afin d’y accueillir la vie sauvage indispensable à un écosystème équilibré. Quelques modifications et aménagements simples vont souvent permettre à de nombreux animaux auxiliaires du jardinier d’adopter le jardin et de pouvoir y vivre.

 

 

La coccinelle : un exemple des besoins rencontrés par la faune du jardin

 

Si de simples lâchers d’insectes auxiliaires, comme la coccinelle, suffisaient à réduire les ravageurs dans nos jardins – dans ce cas, le puceron – , il y a bien longtemps que la revue Valériane vous aurait venté ce type de lutte. Mais il n’y a pas de recette miracle. Le commerce, toujours à l’affût de bonnes affaires, a mis sur le marché des coccinelles asiatiques nuisibles aux populations locales d’auxiliaires. Ces exotiques frileuses envahissent les maisons à l’approche de l’hiver. Fort heureusement, leur commercialisation a cessé depuis bien longtemps. Mais le mal est fait !

Quelle efficacité peut-on attendre de ces animaux, si de bonnes conditions d’accueil ne sont pas prévues ? L’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), en France, a créé une nouvelle race de coccinelle sans ailes afin qu’elles ne puissent pas se déplacer si le milieu où on les lâche ne présente pas toutes les conditions utiles à leur survie. Une preuve supplémentaire que même lorsqu’ils cherchent des solutions plus naturelles, les milieux agronomiques, qui sont conscients de la détérioration de l’environnement campagnard, ne cherchent qu’à s’y adapter sans jamais aucune remise en question des dérives pitoyables de l’agriculture conventionnelle.

Fort heureusement, les coccinelles – et bien d’autres auxiliaires du jardinier – existent encore dans notre environnement et l’aménagement du jardin devra viser, non seulement à les attirer, mais surtout à les maintenir. Nous devons donc développer, au jardin, de petits écosystèmes aptes à répondre à leurs besoins.

 

Poursuivons donc avec notre exemple de la coccinelle. Quels sont ses besoins ? Elle doit :

– trouver un abri hivernal qui la protège de l’humidité excessive et des froids hivernaux ; un tas de feuilles mortes ou une clôture garnie de lierre conviennent très bien ;

 

– trouver suffisamment de protéines au printemps afin de produire ses œufs ; le nectar et le pollen des fleurs sauvages, des aromates, des médicinales et des légumes en fleurs de nos parterres fleuris les lui fourniront ;

 

– trouver des colonies de pucerons dans lesquelles elle va pondre ses œufs puisqu’il s’agit là de la seule alimentation des larves de coccinelles ; les jeunes pousses des plantes ornementales et potagères, mais aussi sauvages, offrent les premières colonies de pucerons qui nourriront les premières coccinelles ;

 

– trouver de l’eau pour se désaltérer : la mare, mais aussi une simple flaque d’eau ou un massif de végétation dense qui retient plus tard la rosée ou encore quelques pieds de cardères qui gardent l’eau à l’aisselle de leurs feuilles, offrent l’eau indispensable à la vie !

 

Cet exemple montre les besoins de la coccinelle. Mais il y a de nombreuses espèces de pucerons et bien d’autres de ravageurs auxquelles correspondent tout autant de prédateurs spécifiques – le plus souvent polyphages comme la coccinelle et ses larves dont il existe plus de dix espèces – qui mangent des pucerons mais aussi des cochenilles et des acariens.

 

Donc, plus le biotope du jardin sera riche et diversifié, plus les auxiliaires des cultures seront variés.

 

Comment aménager le jardin ?

 

Il n’y a pas de règles strictes ! Il faut tenir compte de la place disponible dans le jardin mais aussi de l’environnement immédiat. Plus il y aura de petits biotopes variés et plus le jardin atteindra vite un bel équilibre entre ravageurs et auxiliaires, et plus cet équilibre sera stable dans le temps. Cependant, si vous manquez de place, pourquoi placer une haie large, variée et dense si votre voisin en possède déjà une ? Pourquoi transformer votre pelouse en prairie sauvage si le terrain contigu est envahi, depuis plusieurs années, par les herbes folles ?

 

Il est donc important d’observer le voisinage et de compléter les « manques » que vous pouvez identifier, d’aménager vous-même ce qui vous semble indispensable à un bon équilibre écologique.

 

Quelques exemples de plantations et d’aménagements utiles

 

La haie

 

Toute haie est utile au jardin. De préférence placée au nord et à l’est, elle protège des vents froids et augmente le rendement des végétaux et des animaux. Plus elle sera plantée d’essences locales variées, plus on lui donnera de largeur et de hauteur, et plus elle arrivera à former, à elle seule, un écosystème complet. Les différentes strates seront habitées par des espèces différentes d’oiseaux qui trouveront dans ce milieu la nourriture nécessaire – fruits ou insectes, selon les espèces – mais aussi les matériaux pour la construction du nid. Les épineux protégeront les nids des prédateurs. Les fruits des différentes espèces d’arbres et d’arbustes nourriront, à différents moments de l’année, les oiseaux qui ont élu domicile dans la haie.

Les pierres, les branches, les feuilles laissées au pied de la haie offrent aussi de magnifiques abris pour l’hiver. Pendant toute l’année, la haie abrite, en effet, de nombreuses espèces d’animaux des intempéries et des conditions extrêmes de température : les grands froids en hiver mais aussi la chaleur en été. Certaines d’entre elles sont aujourd’hui en voie de disparition suite, entre autres, aux remembrements des parcelles agricoles qui ont fait disparaître les haies de nos paysages.

 

La mare naturelle

 

Naturelle, c’est-à-dire sans poissons ou autres animaux exotiques…

 

La mare apporte sa fraîcheur au jardin et à ses habitants. Elle permet également à toute une vie spécifique de se développer sans intervention du jardinier. Après et avec les plantes, coléoptères, cousins et libellules vont s’installer dans un premier temps. Mais le jardinier aura bien vite le plaisir de découvrir que crapauds, grenouilles ou salamandres vont également coloniser ce milieu…

 

Le mur de pierres sèches

 

Des ouvertures laissées au pied du mur et des abris, disposés à l’arrière, vont permettre à une faune très diversifiée de s’y réfugier. Refuge d’hiver pour le hérisson ou la musaraigne, lieu de réchauffement pour le lézard ou l’orvet, lieu de chasse pour les insectes et les araignées, le mur de pierre sèche accueille, lui aussi, d’innombrables animaux, auxiliaires du jardinier.

 

La pelouse sauvage

 

La prairie maigre, qui est la forme la plus riche en fleurs, doit être fauchée une ou deux fois l’an afin de ne pas laisser apparaître de plantes ligneuses. La fauche sera ratissée et retirée du sol afin d’appauvrir progressivement celui-ci. De cet appauvrissement va résulter l’apparition progressive de nouvelles plantes sauvages. Il est possible d’accélérer quelque peu la transformation en récoltant, avec parcimonie, des graines au bord des chemins et en les semant sur de petites surfaces légèrement labourées, soit quelques décimètres carrés. Si le choix des plantes est bon, elles se répandront, sinon elles seront incapables de s’imposer. La floraison d’un tel milieu apportera une alimentation indispensable à de nombreux insectes butineurs.

 

Le coin de végétation dense

 

Il peut être composé des plantes adventices de votre jardin et, divisé en deux ou trois parties, être fauché partie par partie afin d’éviter l’apparition de plantes ligneuses tout en conservant toujours une végétation haute sur une des parties. La végétation haute permet de recueillir la rosée et de la conserver plus longtemps dans la journée. De nombreux animaux viendront s’abreuver dans ce coin. Un tel endroit va permettre également aux insectes « nuisibles » de se développer et à leurs prédateurs de commencer à se reproduire. Un tel endroit peut également être planté de plantes sauvages utilisées par le jardinier comme l’ortie, la valériane, l’alchémille, le rumex… Le rôle de coin de végétation dense peut également être joué par deux petites parties de la pelouse que l’on « oublie » de tondre une fois sur deux…

 

Le lierre

 

Le lierre est indispensable dans un jardin naturel ! Il fleurit et fructifie tard dans la saison et offre ainsi une nourriture abondante en période de disette. Mais c’est surtout la protection de son épais manteau de feuillage vert qui est particulièrement utile au jardin en hiver et qui permet à d’innombrables animaux de venir s’y abriter. Il pousse à toutes les situations, même les plus ombragées. Il peut être planté au pied d’un mur, mais il forme aussi de belles haies si on le palisse sur une clôture. Le lierre offre alors l’avantage de pouvoir grimper très haut et de n’exiger aucune taille car il arrête de grimper là où s’arrête le treillage. Placé contre un mur de pierres sèches, sur un tas de bois mort ou de cailloux, ou encore dans une haie vigoureuse, il accentue l’intérêt de ces milieux pour les animaux. D’autres végétaux, comme le sureau – dont les branches creuses abritent de nombreuses espèces de guêpes solitaires – ou le souci, qui fleurit tôt au printemps, offrent un grand intérêt pour le jardin.

 

Les fleurs

 

Elles jouent évidemment un rôle très important dans l’alimentation de nombreux insectes et il faut veiller à ce que le jardin soit fleuri pendant toute la belle saison. Les fleurs des arbustes de la haie et des plantes sauvages vont jouer ce rôle, mais le jardin sera encore plus accueillant si vous plantez des plantes aromatiques comme le thym, l’origan, le romarin, la livèche, les menthes, la citronnelle… Les légumes non consommés ne seront arrachés que si la place manque car leur floraison est tout aussi importante pour l’équilibre biologique du jardin. Pour les plantes ornementales, on préférera toujours les espèces à fleurs simples car les variétés à fleurs doubles ne fournissent ni pollen ni nectar.

 

Les feuilles mortes

 

Rassemblées en petits tas, ou accumulées au pied de la haie, elles abritent et nourrissent un bon nombre d’animaux. Il est souvent utile de placer quelques branches par-dessus afin que le vent ne les éparpille pas.

 

Les abris et les nids

 

De nombreux abris et nids demandent peu de temps et de matériaux pour leur fabrication et pallient à la disparition des sites naturels. Eux aussi vont permettre à de nombreux animaux – mammifères, oiseaux, batraciens, insectes – d’occuper votre jardin…

 

 

Cette liste des aménagements utiles est évidemment loin d’être exhaustive. Elle n’énonce que quelques idées parmi bien d’autres qu’il n’est d’ailleurs pas nécessaire de réaliser toutes pour obtenir un « écosystème jardin » bien équilibré. Tout jardinier désireux de préserver l’équilibre biologique de son jardin doit être attentif à la vie qui y naît et veiller, en tout premier lieu, à la renforcer ou, tout au moins, à ne pas la perturber… Il doit veiller, par exemple, à ne pas éradiquer orvets ou hérissons en installant une mare pour accueillir des grenouilles.

 

 

Les animaux au jardin

 

 

Un livre entier ne suffirait pas pour parler des animaux du jardin. Il sera, bien sûr, toujours intéressant de connaître les auxiliaires du jardinier et leurs mœurs ; il est cependant plus important de bien comprendre le fonctionnement de l’écosystème du jardin. Celui-ci est parfois d’autant plus fragile qu’il se trouve situé au beau milieu de cultures intensives et que rien, dans les environs immédiats, ne peut alors aider à renforcer le fragile équilibre qui est le sien.

 

 

Le jardin et, qu’il soit dans la ville où à la campagne, le milieu qui l’entoure sont constamment perturbés par le travail de l’Homme. De plus, les pelouses bien tondues et les interminables haies de thuyas, en ce qui concerne les jardins, ainsi que les remembrements, les monocultures et la banalisation de la flore des bords des routes et des chemins laissent peu de chance à l’établissement d’écosystèmes solides. Notons ici que le fauchage tardif a légèrement amélioré la diversité de la flore et de la faune des bords de routes, mais l’utilisation des herbicides sélectifs pour les cultures de céréales ne permet, sur les bords des champs, que la pousse des graminées sauvages qui sont de la même famille et résistent donc seules à ces herbicides.

Les lieux occupés par l’Homme sont d’ailleurs souvent qualifiés de « déserts végétaux ». Les innombrables traitements chimiques apportés par les particuliers et par les agriculteurs nuisent énormément à l’environnement et perturbent grandement l’équilibre déjà fragile des écosystèmes et cela, bien au-delà des zones traitées. Les jardins naturels et les zones inoccupées par l’Homme forment donc, au milieu et au travers de ce vaste désert végétal, une oasis de vie intense, un maillage écologique qu’il faut absolument préserver et, surtout, renforcer.

 

 

Attirer les animaux

 

Le jardin bien aménagé peut héberger de nombreux animaux qui y forment des associations en fonction de leurs besoins alimentaires. Les phytophages, comme les limaces, mangent nos laitues. Des prédateurs, comme les carabes, mangent les limaces. D’autres prédateurs, comme les grenouilles, mangent les carabes. Il y a enfin les hyper-prédateurs, comme les rapaces, qui se nourrissent des grenouilles. Chaque maillon empêche la prolifération du maillon précédent et l’ensemble des maillons forme la chaîne alimentaire qui transfère l’énergie nécessaire à la vie du végétal vers l’hyper-prédateur. La disparition d’un de ces maillons est toujours préjudiciable à l’équilibre de l’écosystème dans son ensemble, amenant, dans le cas de nos jardins, un déséquilibre souvent favorable à la prolifération des phytophages. Ces phytophages sont indispensables et le jardinier doit absolument éviter de les éliminer de manière radicale.

 

Mais d’autres animaux que les phytophages et les prédateurs fréquentent notre jardin. Les bio-décomposeurs font disparaître les déchets organiques et réalisent un travail de pré-humification. Ils jouent donc un rôle essentiel pour l’enrichissement de notre sol en humus et doivent également être soigneusement préservés. Les nécrophages font disparaître les cadavres des autres animaux, les coprophages s’occupent de leurs déjections, alors que les saprophages, comme les iules ou les cloportes, mangent les débris végétaux.

 

Certains de ces animaux, dont le milieu a été fragilisé et qui se reproduisent lentement, pourront être aidés par l’aménagement de refuges, par la construction de nids ou en leur offrant des sites de nidification qu’ils ne trouvent plus parmi les derniers lambeaux de nature de certaines de nos régions.

Il ne faut pas commettre l’erreur de vouloir introduire de nouvelles espèces dans le jardin car on contribue ainsi à détruire le milieu où l’on prélève ces animaux mais surtout à déstabiliser brutalement l’écosystème où l’on se risque à effectuer l’introduction.

Enfin, une bonne connaissance de la faune permet de mieux adapter le jardin à ses besoins spécifiques. Ainsi, lorsque vous tuez une limace, s’agit-il d’une limace phytophage ou d’une testacelle carnivore dévoreuse de ses congénères ? Il est utile d’y regarder de près pour bien les différencier ! Et puis quel plaisir de se passer de pesticides au jardin, fussent-ils biologiques et peu nocifs pour l’environnement…

 

Pourquoi maintenir l’équilibre des communautés animales et donc les phytophages dans le jardin ?

 

Certains insecticides sont autorisés en agriculture biologique. Pourquoi alors déconseiller l’usage de ces produits de manière systématique dans le jardin ? Voyons le cas, tellement embêtant, des pucerons. Les pucerons ont de multiples prédateurs qui ne peuvent se reproduire que s’ils ont, précisément… des pucerons à manger ! Pulvériser un insecticide sur une colonie de pucerons revient donc à supprimer toute chance de voir les prédateurs se multiplier et… de résoudre notre problème !

 

Les attaques importantes de pucerons ont lieu au printemps, quand les prédateurs sortent d’une longue hibernation, et il est difficilement supportable pour un jardinier de voir les tiges de son superbe rosier, de ses arbres fruitiers ou de ses légumes entièrement recouvertes de pucerons. Que faire alors ? On peut, dans un premier temps, soulager les plantes en les aspergeant d’un fort jet d’eau qui va littéralement projeter les pucerons au sol ; on peut également incommoder ces envahisseurs en pulvérisant de la poudre de roche très fine à l’aide d’une poudreuse. Ces solutions ne sont pas radicales mais elles vont laisser le temps aux prédateurs de démarrer leur cycle sur les pucerons survivants. Et, deux ou trois semaines plus tard, il faudra que vous cherchiez très attentivement pour découvrir les derniers pucerons sur vos plantes…

 

Il est également possible d’accueillir les pucerons au jardin sur des plantes sauvages afin de permettre aux premières générations de prédateurs de se reproduire sur des plantes qui ne vous tiennent pas à cœur. Avez-vous déjà remarqué la multitude de pucerons qui sont présents sur les orties, sur les sureaux ou sur les églantiers ? Pourquoi ne pas réserver à ces plantes, et à bien d’autres, un petit coin de votre jardin ?

 

Pourquoi les saprophages s’attaquent-il aux légumes ?

 

Les animaux saprophages consomment, de préférence, des végétaux morts et c’est encore lors de perturbations de leur milieu de vie qu’ils vont être obligés de s’attaquer, pour s’alimenter, aux plantes du jardin. Il faut imaginer le cataclysme que représentent, pour eux, de simples travaux d’entretien. Le potager que nous nettoyons et que nous fraisons, en une fois au printemps, laisse-t-il d’autre choix à ces animaux que de se ruer sur nos jeunes semis ?

 

Quand nous retirons soudain le « mulch » de feuilles mortes, qui a protégé les fraisiers du froid en hiver, afin de désherber et d’aérer le sol et que nous le remplaçons par de la paille sèche trop dure pour les nourrir, n’oblige-t-on pas certains insectes à manger la plante ou son fruit ? Il faut donc être attentif à effectuer les travaux progressivement, à replacer, dès les travaux terminés, de fins « mulchs » que l’on veillera à réalimenter tout au long de l’année.

 

 

Pour aller plus loin, consultez LECLERC B. & LEBLAIS G. (2015), Des auxiliaires dans mon jardin !, Editions Terre Vivante.

Une idée pour le NAPAN !

Annexe – Avis sur le Programme 2018-2022

Qui êtes-vous/ quel organisme représentez-vous ?

Nature & Progrès

 

Quels commentaires souhaitez-vous apporter au projet ?

Référence de l’action Avis/remarques/observations

· Protection de l’eau potable

Wal

2.7.8.

NEW

 

ENCOURAGER L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE PAR UN SOUTIEN DIRECT SUPPLEMENTAIRE
Constat

Des initiatives prises à l’étranger[1], en France par la régie municipale Eau de Paris et en Allemagne par la villle Munich, ont donné de très bons résultats en terme financier et écologique. A Munich, le choix a été fait dans les années 90 d’inciter les agriculteurs de la zone de captage à se convertir à l’agriculture biologique. La teneur en nitrates a diminué de 43% et celle en produits phytosanitaires de 54% entre 1991 et 2006. En 2012, la totalité de la SAU sur les captages est convertie à l’agriculture biologique. Le programme de soutien à l’agriculture biologique coûte 750 000 EUR/an à la ville soit moins de 0,01 EUR/m³ distribué, un coût bien inférieur à une usine de dénitrification (0,27 EUR/m³ distribué). Il est plus que temps de suivre l’exemple de nos collègues étrangers.

Mesures à prendre

Sur base d’un relevé des zones de captage, mettre les partenaires autour de la table pour déterminer les priorités et libérer des budgets complémentaires aux aides de la PAC.

 

 

 Favoriser les systèmes à faible apport comme la lutte intégrée contre les ennemis des cultures et l’agriculture biologique

Fed.

2.9.2.

NEW

 

SOUTENIR L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE PAR UN LISSAGE DES PRIX
Constat

Le différentiel de prix entre un produit bio et non bio reste un frein au développement du secteur. Or, il apparaît que les produits issus de l’agriculture conventionnelle sont insuffisamment taxés en regard des coûts structurels qu’ils engendrent : épuration de l’eau rendue de plus en plus difficile, captages fermés avec comme conséquence des frais de transport qui explosent, dépistage et traitement de maladies auto-immunes en lien avec l’exposition ou l’ingestion de PPP,….

Le prix des produits non bio, maintenus artificiellement bas (car ces coûts sociétaux ne sont pas pris en compte) rend au contraire celui des produits bio (qui génèrent moins de telles contraintes mais qui sont plus difficiles à produire) très élevé dans la perception des consommateurs. Les consommateurs bio se plaignent de payer deux fois l’addition (une première fois pour consommer un produit non polluant, une seconde fois quand il s’agit de régler la facture d’eau ou de la mutuelle).

Pistes de solutions

Le plan devrait prévoir une analyse de la balance des coûts sanitaires et environnementaux et des bénéfices sociétaux liés à l’utilisation des PPP. Voir à ce sujet le rapport d’étude[2] de l’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique).

Cette analyse devrait envisager la pertinence de la mise en place d’une redevance supplémentaire sur les pesticides. Cette redevance devrait refléter l’impact sur la santé et l’environnement des pesticides et participer aux coûts externes imputés à la société (suivi de la qualité de l’eau, recherche, administration, contrôles, dépollution, santé, etc.). La contribution actuelle au Fonds des Matières Premières semble ne pas répondre à ces objectifs et reste nettement insuffisante. Le différentiel de prix entre les produits bio et non bio serait ainsi réduit (via une répercussion de la taxe sur le produit final), ce qui rendrait les produits bio plus attractifs pour les consommateurs.

Mesures à prendre :

Analyser les externalités au niveau belge.

Imposer si pertinent une taxation supplémentaire sur les PPP.

 

[1] Source : FNAB, « L’agriculture biologique, l’alternative pour protéger l’eau durablement », mars 2013 http://www.fnab.org/images/files/Se%20former%20s%20%27informer/Nos%20publications/Document%20FNAB%20Eau%20et%20Bio%20-%2026%2003%2013%20VERSION%202%20web%20doubles%20pages.pdf

[2] Sautereau N., Benoit M., 2016 Quantification et chiffrage économique des externalités de l’agriculture biologique. Le rapport ainsi que la synthèse sont disponibles sur le site de l’ITAB (www.itab.asso.fr), de l’INRA (www.inra.fr/ comite_agriculture_biologique) et du MAAF.