Article Journal le Monde, nénicotinoïdes





 LE MONDE_PESTICIDES_TUEURS_D’ABEILLES.06.02.2017

 





 





 




  

Les insecticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles…
et d’humains ?
Une étude suggère que les insecticides néonicotinoïdes, en plus d’affecter les abeilles,
sont dangereux pour les humains, avec de graves effets neurologiques.
LE MONDE | 06.02.2017 à 06h39 • Mis à jour le 06.02.2017 à 11h06 | Par Stéphane Foucart
Bien connus pour les dégâts qu’ils occasionnent sur les abeilles, les pollinisateurs sauvages ou
encore les organismes aquatiques, les insecticides néonicotinoïdes sont aussi soupçonnés
d’effets délétères sur les humains. C’est ce que suggère la première analyse systématique de la
littérature scientifique sur le sujet, publiée le 2 février dans la revue Environmental Health
Perspectives.
Imidaclopride, thiaméthoxame, thiaclopride, acétamipride… les sept molécules de cette
famille connaissent, depuis leur introduction sur le marché, au milieu des années 1990, une
croissance fulgurante, représentant aujourd’hui plus de 40 % du marché mondial des
insecticides agricoles. Pourtant, notent Melissa Perry (George Washington University, Etats-
Unis) et ses coauteurs, « on en sait jusqu’à présent peu sur les effets de l’exposition
humaine » à ces produits.
Mais « peu », ce n’est pas rien du tout. Après avoir épluché l’ensemble des études
disponibles, les chercheurs en ont identifié huit donnant des éléments de réponse. Dont quatre
offrent des indices sur les effets d’une exposition chronique à ces substances. Elles rapportent
« des associations avec des conséquences développementales ou neurologiques
défavorables » : augmentation du risque d’autisme, de troubles de la mémoire et de
tremblements, d’une malformation congénitale du coeur (dite « tétralogie de Fallot »), ainsi
que d’une autre anomalie congénitale grave, l’anencéphalie (absence partielle ou totale de
cerveau et de crâne à la naissance).
Des effets neurologiques, ou sur le développement du cerveau, ne seraient pas si étonnants.
D’une part, les « néonics » ont précisément été conçus pour interagir avec certains récepteurs
cérébraux que les insectes ont en commun avec les mammifères. D’autre part, dit-on à
l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
(Anses), « deux de ces substances, l’acétamipride et l’imidaclopride, ont déjà vu leurs
niveaux d’exposition acceptables être abaissés, à la suite de travaux de 2012 montrant leurs
effets sur le développement du cerveau ». L’étude en question portait sur des neurones de rat.
Lire aussi : 2017, année décisive pour les insecticides « tueurs d’abeilles »
Plante insecticide
En ce qui concerne les humains – dans les conditions d’exposition réelle de la population
générale, mais surtout des travailleurs agricoles et des jardiniers –, Melissa Perry et ses
coauteurs insistent sur le caractère seulement indicatif de ces suspicions. Les études
auscultées sont en effet « limitées en nombre » et présentent des limites méthodologiques,
notamment en raison de la petite taille des échantillons de population étudiés. « Notre
message principal consiste à attirer l’attention sur le manque de connaissances scientifiques
sur l’exposition humaine aux néonics, dit Mme Perry. Leur utilisation est si généralisée que la
recherche doit s’organiser rapidement pour savoir dans quelle mesure les hommes sont
exposés, et avec quels effets sanitaires potentiels. »
D’autant plus, écrivent les chercheurs, que ces substances « persistent dans
l’environnement ». « On les trouve dans les sols, les poussières, les zones humides, les eaux
souterraines, les plantes non traitées, les vertébrés non ciblés et dans les aliments ordinaires
du régime américain, y compris des espèces marines issues de la pêche ou de l’aquaculture »,
précisent-ils. En France, ajoute Delphine Batho, députée (PS) des Deux-Sèvres à l’origine de
l’interdiction de ces substances prévue en 2018 dans l’Hexagone, « l’imidaclopride compte
parmi les 15 substances les plus fréquemment détectées dans les cours d’eau, alors qu’il
pointait à la 50e place voilà moins de dix ans ».
En outre, ces substances sont principalement utilisées de manière systémique : les semences
sont enrobées avant d’être semées, de manière que la plante s’imprègne du produit tout au
long de sa croissance, devenant ainsi elle-même insecticide. « Le lavage des aliments avant
consommation ne permet pas de les débarrasser des néonics, contrairement à la majorité des
autres pesticides », écrivent les chercheurs. Selon les données du ministère américain de
l’agriculture, plus de la moitié des échantillons de fruits et légumes testés contiennent des
traces de plusieurs de ces substances.
Lire aussi : Les néonicotinoïdes, un puissant contraceptif pour les abeilles mâles
Des connaissances encore pauvres
Qu’en reste-t-il chez les humains ? On l’ignore. « Nous ne disposons pas de données
d’exposition de la population française à cette famille de molécules », dit-on sobrement à
Santé publique France. Le cas hexagonal n’est pas isolé. « A ma connaissance, il n’existe pas
de telles études de biosurveillance, dit Melissa Perry. Il n’y a actuellement aucun
biomarqueur validé pour mesurer les néonics dans l’organisme, et, jusqu’à ce que nous en
ayons, il est impossible de mener une étude de biosurveillance. Une méthode a récemment été
proposée par des chercheurs japonais pour les mesurer dans l’urine, mais elle doit à ma
connaissance être répliquée et validée. »
En attendant, il est difficile de savoir si ces substances sont rapidement évacuées après
ingestion ou inhalation, ou si au contraire elles se stockent dans l’organisme. « Sans méthode
adéquate pour y détecter les néonics, nous ne pouvons pas estimer avec confiance leur
capacité à s’accumuler dans les organes ou les tissus humains », précise Mme Perry.
En avril 2016, les ministères de la santé et de l’environnement ont saisi l’Anses pour obtenir
une expertise approfondie des effets sanitaires potentiels de ces substances sur l’être humain.
Il aura donc fallu attendre un quart de siècle après leur mise sur le marché pour que les
pouvoirs publics se posent la question. L’Anses promet son rapport pour le printemps, mais
vu la pauvreté des connaissances sur le sujet, il y a toutes les chances qu’il ressemble plutôt à
un programme de travail








 





 




  

Les insecticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles…
et d’humains ?
Une étude suggère que les insecticides néonicotinoïdes, en plus d’affecter les abeilles,
sont dangereux pour les humains, avec de graves effets neurologiques.
LE MONDE | 06.02.2017 à 06h39 • Mis à jour le 06.02.2017 à 11h06 | Par Stéphane Foucart
Bien connus pour les dégâts qu’ils occasionnent sur les abeilles, les pollinisateurs sauvages ou
encore les organismes aquatiques, les insecticides néonicotinoïdes sont aussi soupçonnés
d’effets délétères sur les humains. C’est ce que suggère la première analyse systématique de la
littérature scientifique sur le sujet, publiée le 2 février dans la revue Environmental Health
Perspectives.
Imidaclopride, thiaméthoxame, thiaclopride, acétamipride… les sept molécules de cette
famille connaissent, depuis leur introduction sur le marché, au milieu des années 1990, une
croissance fulgurante, représentant aujourd’hui plus de 40 % du marché mondial des
insecticides agricoles. Pourtant, notent Melissa Perry (George Washington University, Etats-
Unis) et ses coauteurs, « on en sait jusqu’à présent peu sur les effets de l’exposition
humaine » à ces produits.
Mais « peu », ce n’est pas rien du tout. Après avoir épluché l’ensemble des études
disponibles, les chercheurs en ont identifié huit donnant des éléments de réponse. Dont quatre
offrent des indices sur les effets d’une exposition chronique à ces substances. Elles rapportent
« des associations avec des conséquences développementales ou neurologiques
défavorables » : augmentation du risque d’autisme, de troubles de la mémoire et de
tremblements, d’une malformation congénitale du coeur (dite « tétralogie de Fallot »), ainsi
que d’une autre anomalie congénitale grave, l’anencéphalie (absence partielle ou totale de
cerveau et de crâne à la naissance).
Des effets neurologiques, ou sur le développement du cerveau, ne seraient pas si étonnants.
D’une part, les « néonics » ont précisément été conçus pour interagir avec certains récepteurs
cérébraux que les insectes ont en commun avec les mammifères. D’autre part, dit-on à
l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
(Anses), « deux de ces substances, l’acétamipride et l’imidaclopride, ont déjà vu leurs
niveaux d’exposition acceptables être abaissés, à la suite de travaux de 2012 montrant leurs
effets sur le développement du cerveau ». L’étude en question portait sur des neurones de rat.
Lire aussi : 2017, année décisive pour les insecticides « tueurs d’abeilles »
Plante insecticide
En ce qui concerne les humains – dans les conditions d’exposition réelle de la population
générale, mais surtout des travailleurs agricoles et des jardiniers –, Melissa Perry et ses
coauteurs insistent sur le caractère seulement indicatif de ces suspicions. Les études
auscultées sont en effet « limitées en nombre » et présentent des limites méthodologiques,
notamment en raison de la petite taille des échantillons de population étudiés. « Notre
message principal consiste à attirer l’attention sur le manque de connaissances scientifiques
sur l’exposition humaine aux néonics, dit Mme Perry. Leur utilisation est si généralisée que la
recherche doit s’organiser rapidement pour savoir dans quelle mesure les hommes sont
exposés, et avec quels effets sanitaires potentiels. »
D’autant plus, écrivent les chercheurs, que ces substances « persistent dans
l’environnement ». « On les trouve dans les sols, les poussières, les zones humides, les eaux
souterraines, les plantes non traitées, les vertébrés non ciblés et dans les aliments ordinaires
du régime américain, y compris des espèces marines issues de la pêche ou de l’aquaculture »,
précisent-ils. En France, ajoute Delphine Batho, députée (PS) des Deux-Sèvres à l’origine de
l’interdiction de ces substances prévue en 2018 dans l’Hexagone, « l’imidaclopride compte
parmi les 15 substances les plus fréquemment détectées dans les cours d’eau, alors qu’il
pointait à la 50e place voilà moins de dix ans ».
En outre, ces substances sont principalement utilisées de manière systémique : les semences
sont enrobées avant d’être semées, de manière que la plante s’imprègne du produit tout au
long de sa croissance, devenant ainsi elle-même insecticide. « Le lavage des aliments avant
consommation ne permet pas de les débarrasser des néonics, contrairement à la majorité des
autres pesticides », écrivent les chercheurs. Selon les données du ministère américain de
l’agriculture, plus de la moitié des échantillons de fruits et légumes testés contiennent des
traces de plusieurs de ces substances.
Lire aussi : Les néonicotinoïdes, un puissant contraceptif pour les abeilles mâles
Des connaissances encore pauvres
Qu’en reste-t-il chez les humains ? On l’ignore. « Nous ne disposons pas de données
d’exposition de la population française à cette famille de molécules », dit-on sobrement à
Santé publique France. Le cas hexagonal n’est pas isolé. « A ma connaissance, il n’existe pas
de telles études de biosurveillance, dit Melissa Perry. Il n’y a actuellement aucun
biomarqueur validé pour mesurer les néonics dans l’organisme, et, jusqu’à ce que nous en
ayons, il est impossible de mener une étude de biosurveillance. Une méthode a récemment été
proposée par des chercheurs japonais pour les mesurer dans l’urine, mais elle doit à ma
connaissance être répliquée et validée. »
En attendant, il est difficile de savoir si ces substances sont rapidement évacuées après
ingestion ou inhalation, ou si au contraire elles se stockent dans l’organisme. « Sans méthode
adéquate pour y détecter les néonics, nous ne pouvons pas estimer avec confiance leur
capacité à s’accumuler dans les organes ou les tissus humains », précise Mme Perry.
En avril 2016, les ministères de la santé et de l’environnement ont saisi l’Anses pour obtenir
une expertise approfondie des effets sanitaires potentiels de ces substances sur l’être humain.
Il aura donc fallu attendre un quart de siècle après leur mise sur le marché pour que les
pouvoirs publics se posent la question. L’Anses promet son rapport pour le printemps, mais
vu la pauvreté des connaissances sur le sujet, il y a toutes les chances qu’il ressemble plutôt à
un programme de travail


Nature & Progrès en commission Environnement du Parlement de Wallonie

Nature & Progrès Belgique est ce jeudi 2 février 2017 auditionné en commission environnement du Parlement de Wallonie. Les auditions visent à définir une stratégie d’interdiction des pesticides aux néonicotinoïdes en Wallonie. Cette proposition a été déposée par Mme Morreale, Mme Courard , Mottard, Mme Kapompole et M Devillers.

 

Nature & Progrès est heureux de pouvoir s’exprimer en tant qu’expert sur le projet de résolution.

 

Les néonicotinoïdes sont une classe de produits toxiques employée comme insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes. Ces substances sont utilisées principalement en agriculture pour la protection des plantes (produits phytosanitaires) mais aussi par les particuliers ou les entreprises pour lutter contre les insectes nuisibles à la santé humaine et animale (produits biocides).

Les néonicotinoïdes sont les insecticides les plus utilisés dans le monde pour la protection contre les insectes parasites des cultures et des animaux, aussi bien d’élevages industriels (volailles, ovins) que domestiques (colliers insecticides pour chiens et chats). Ils ont pris la place de plusieurs autres insecticides, notamment le DDT. Au niveau mondial, les néonicotinoïdes représentent un quart, en volume, des ventes totales d’insecticides.

 

Les néonicotinoïdes ont des effets néfastes sur la santé. Ces produits ont des effets indirects sur le système nerveux. Ces substances sont aujourd’hui reconnues comme perturbateurs endocriniens.

Nous parlons ici de la santé des agriculteurs, d’abord mais également de celle des consommateurs. En effet, les néonicotinoïdes sont utilisés sur différentes cultures comme les racines, le basilic, les petits fruits, les pommes etc.

Nature & Progrès est une association de producteurs ET de consommateurs active dans la promotion de l’agriculture biologique. Pour Nature & Progrès, l’alimentation doit être produite dans le respect de l’homme et de son environnement.

 

Les néonicotinoïdes sont des produits systémiques et persistants : ils envahissent tous les tissus de la plante, jusqu’aux fleurs.

Depuis plus de 10 ans, Nature & Progrès s’intéresse à la problématique abeilles/pesticides. L’impact des néonicotinoïdes a été prouvé dès 2006 dans un colloque organisé par Nature & Progrès à Namur. Quelques dizaines de grammes de néonicotinoïdes suffisent à traiter un hectare et rendent les plantes qui y poussent toxiques durant de nombreux mois ( dans certains cas plus de 10 ans ! ). De faibles doses de l’imidaclopride entraîne des troubles du comportement chez les abeilles.

 

Cela fait plus de 10 ans que les ruchers périclitent et que les abeilles sauvages disparaissent, plus de 10 ans que les acteurs des filières recherchent des moyens de minimiser les risques alors que ce sont des alternatives qu’il faudrait rechercher.

 

Alors Nature & Progrès pose aujourd’hui deux questions :

  1. Est-ce normal qu’une molécule aussi dangereuse soit en libre-service dans les jardineries ?
  2. Est-ce normal que les colliers antipuces contenant des néonicotinoïdes soient encore vendus quand on sait que les animaux sont notamment en contact avec un public sensible comme les enfants ?

 

L’avenir de notre agriculture n’est pas dans les pesticides. Nous avons lancé fin d’année 2016 un projet «  VERS UNE WALLONIE SANS PESTICIDES , NOUS Y CROYONS ». Rejoindre ce projet, c’est :

  • S’engager dans les alternatives à mettre en œuvre
  • Interdire dès demain l’utilisation des pesticides par les particuliers et les pouvoirs publics
  • Réorienter la formation agricole vers les techniques alternatives
  • Organiser la formation et l’accompagnement des agriculteurs
  • Arrêter de faire croire que la rentabilité agricole passe par des intrants coûteux tant pour le fermier que pour le contribuable