Conférence internationale 26/1, OGM, Pesticides, labellisation: compte-rendu

Aujourd’hui, la conférence internationale organisée par Nature & Progrès accueillait près de 220 personnes sur le site du Bel à Tour et Taxis : des consommateurs, des politiques, des scientifiques, des personnes du secteur alimentaire, des représentants de la grande distribution, des représentants de Monsanto, des associations de citoyens, …

Cette conférence est le coup d’envoi d’une vaste campagne notamment de plaidoyer auprès des diverses parties prenantes, destinée à obtenir en Belgique une législation instaurant  un label « nourri sans OGM » pour les viandes, volailles, poissons et « issu d’animaux nourris sans OGM » pour les œufs, le lait, le fromage,…à l’instar de ce qui est déjà mis en place dans divers autres pays de l’Union européenne.

 

Durant la matinée, Mr Seralini a notamment pu nous démontrer les effets dur la santé de rats nourris aux aliments OGM. Publiée initialement le 19 septembre 2012 dans la revue scientifique à comité de lecture Food and Chemical Toxicology, cette étude a été menée par Gilles-Éric Séralini et une équipe de chercheurs de l’université de Caen. Elle a coûté plus de 3 millions d’euros ; elle a été financée et soutenue notamment par les fondations Ceres (Consommateurs et Entrepreneurs Responsables) dont font partie les groupes Auchan (dont le fondateur Gérard Mulliez est engagé auprès des groupes antiOGM depuis plusieurs années, même s’il se défend d’être antiOGM) et Carrefour, et la Fondation Charles Leopold Meyer pour le progrès pour l’homme, ainsi que des fonds provenant de la réserve parlementaire du sénateur français François Grosdidier.

 

L’étude compare des rats nourris avec du maïs génétiquement modifié (cultivé avec ou sans Roundup), des rats ayant reçu du Roundup uniquement (sans maïs OGM) et des rats contrôles, durant deux ans. Les auteurs affirment que les rats femelles ayant ingéré du maïs OGM et/ou du Roundup sont mortes plus et plus rapidement que le groupe contrôle. Les auteurs concluent également que les rats mâles et femelles testés ont développé plus de tumeurs que les contrôles et que l’ingestion de maïs OGM et/ou de Roundup provoque également des problèmes hormonaux et de toxicité au foie et aux reins.

 

Mr Pedersen, un éleveur de porcs danois, nous a apporté son témoignage. En effet, il est , il y a 6 ans, passé d’une nourriture soja OGM à une nourriture free OGM. Il nous a démontré que qu’il avait pu diminuer de 2/3 sa consommation de médicaments ! Les chiffres et photos de son intervention sont très impressionnantes.

A été abordée, par Mr Veillererette, président du PAN Europe, la question des effets chez l’homme, de la détection de résidus de glyphosates dans divers organes. Il nous a parlé de l’étude réalisée sur des parlementaires européens et qui démontre que 100% d’entre eux avaient des résidus de glyphosate dans l’organisme.

 

L’après-midi de la conférence a été consacrée aux différentes expériences de labellisation en Europe. Le but de cette conférence est également d’offrir au citoyen la possibilité d’opérer des choix alimentaires informés. En effet, environ 80% des OGM-pesticides importés dans l’Union européenne (par ex : soja et maïs) sont utilisés pour nourrir les animaux d’élevage alors que la législation européenne est telle que seuls doivent être étiquetés « OGM » les produits   destinés à l’alimentation humaine ou animale qui contiennent volontairement des OGM ou des ingrédients qui en dérivent. Ces traces d’OGM étant autorisées  sans étiquetage jusqu’à 0,9%  si leur présence est involontaire et inévitable. Pourtant, le citoyen doit pouvoir être en mesure d’accepter ou non le recours à des OGM pour la production de toutes ses denrées alimentaires y compris celles provenant d’animaux  (viandes, volailles, poissons, lait, œufs, …) pour lesquelles il n’existe actuellement,  au niveau européen,  aucun label pouvant le renseigner à cet égard même si l’animal a été nourri aux OGM sa vie durant.

A défaut d’un label « sans OGM » ou « nourri sans OGM » ou « issu d’animaux nourris sans OGM » harmonisé  et réglementé au niveau européen, il est possible d’utiliser  un tel étiquetage, volontaire, au niveau des Etats membres de l’Union européenne. Il fait l’objet d’une législation dans plusieurs pays. L’après-midi de la conférence a été consacrée aux expériences avec de tels labels utilisés en France, en Autriche, en Allemagne, au Luxembourg et dans la région du Danube. En Autriche, l’utilisation du label Free of GMO a ouvert des marchés aux agriculteurs et aux producteurs agroalimentaires  Ont été décrits et discutés  l’existence ou non d’un logo, la  signification précise des labels  (dont le seuil accepté pour des contaminations fortuites ou techniquement inévitables dans les aliments pour animaux,  la période de nourrissage sans OGM des animaux avant leur consommation), le mode de contrôle du label, son coût économique, ses avantages, son intérêt et sa compréhension de la part des citoyens, les parts de marché qu’il génère et leur évolution temporelle, les perspectives d’harmonisation pan-européenne à l’instar des standards harmonisés élaborés pour la Région du Danube, le rôle des organismes nationaux de coordination du label,…

 

Les impacts sanitaires pour l’homme et les animaux d’élevage ainsi que les expériences positives de labellisation décrites pour ces quelques Etats voisins devraient pouvoir alimenter la réflexion en vue de l’adoption d’une législation instaurant un tel étiquetage en Belgique.

 

La journée a été rythmée de questions/ réponses, d’un live tweet (#natprobe) largement utilisé par les participants, et politiques présents.

La conférence s’inscrit dans un mouvement plus large , une campagne à long terme.

 

Nature & Progrès lance une grande campagne intitulée « OGM-Pesticides : J’ai le droit de savoir et de choisir ! » dont l’objectif final est de pouvoir favoriser l’adoption d’une législation belge qui rendrait possible l’étiquetage des produits alimentaires d’origine animale avec la mention « nourri sans OGM » pour viandes, volailles et poissons et « issu d’animaux nourris sans OGM » pour œufs, lait, fromages, …

Nous avons fait aujourd’hui le point sur l’impact sanitaire, pour l’homme et l’animal d’élevage des OGM utilisés en agriculture conventionnelle pour nourrir les animaux et des pesticides dont ils sont gorgés.

3 axes à cette campagne :

Un axe analyse (ce 26/1): organisation d’une conférence internationale rassemblant des experts en toxicologie, des éleveurs, des personnalités présentant les expériences de labélisation « nourris sans OGM » d’autres pays européens

Un axe sensibilisation : sur base des exposés de la conférence et des débats avec le public, nous réaliserons des comptes rendus et des capsules vidéos pour l’information du citoyen et des parties prenantes concernées par le label

Un axe changement/plaidoyer : sur base notamment de ces informations, nous exercerons une activité de plaidoyer auprès des parties prenantes et des pouvoirs décideurs afin de mettre en place en Belgique un étiquetage informatif « nourris sans OGM » ou « issus d’animaux nourris sans OGM ».

 

Toutes les infos se retrouvent sur le site http://www.natpro.be/mangersansogm/don

Pistes d’avenir pour le secteur laitier wallon

Crise laitière : citoyens et éleveurs proposent leurs solutions !

 

Les crises récurrentes subies par les éleveurs laitiers suscitent beaucoup de réactions chez les citoyens. Ils souhaitent comprendre la situation vécue par les agriculteurs, l’origine de leurs difficultés, et surtout, réfléchir à des pistes permettant un développement plus harmonieux du secteur laitier en Wallonie.

 

Dans le cadre de son projet  « Echangeons sur notre agriculture » (1), Nature & Progrès a organisé, en 2016, 5 soirées-débat ainsi que 9 visites de fermes et fromageries wallonnes, permettant aux éleveurs et aux citoyens de se rencontrer et de discuter de la crise actuelle. Douze pistes de solutions sont ressorties des échanges. Elles touchent à l’ensemble du secteur laitier : marché du lait, production, valorisation et filières courtes ou longues.

 

Au niveau du marché, producteurs et citoyens sont unanimes sur la nécessité de relocaliser la production alimentaire pour réduire la dépendance envers le marché mondial. Citoyens et éleveurs souhaitent également l’évolution de l’élevage laitier vers davantage d’autonomie. Des fermes modèles ont été visitées et montrent les intérêts de cette démarche : réduction des coûts de production, impact positif pour le climat, etc. La valorisation du lait en produits finis plutôt qu’en poudre de lait permettrait une meilleure rémunération de la matière première, d’autant plus que le lait wallon produit au pâturage n’a plus à démontrer sa haute qualité. Seuls 38 % des fromages consommés en Belgique sont d’origine belge, et les crémiers manquent régulièrement de stock lors des campagnes de promotion des produits wallons ! Une opportunité est donc présente pour la valorisation du lait wallon.

 

La Wallonie offre un terreau idéal pour le développement de filières laitières autonomes. Elle possède des herbages de qualité et une technicité importante avec l’existence de centres de formation, de recherche et d’encadrement reconnus.

 

Deux enjeux majeurs se dessinent pour la région : l’implication du consommateur en tant que partenaire de développement et la collaboration producteurs-consommateurs au sein de coopératives. Il reste à développer les outils leur permettant de travailler ensemble à l’avenir de l’agriculture wallonne.

 

 

Les résultats seront présentés à l’occasion de deux journées d’études organisées par le secteur agricole :

 

24/01/2017 : 31ème Journée d’étude de Remouchamps : « Le lait : cheminement du producteur au consommateur » organisée par le Comice agricole et l’AREDB Ourthe Amblève-Theux-Verviers. La présentation aura lieu vers 14h20.

 

01/02/2017 : Rendez-vous de la diversification organisé par Diversiferm à Gembloux. La présentation aura lieu à 13h15.

 

Vous pouvez obtenir notre dossier «  Pistes d’avenir pour le secteur laitier wallon » sur demande à l’adresse sylvie.laspina@natpro.be.

 

Contact presse :

Anne-Sophie GODART, chargée de communication de Nature & Progrès

GSM. 0479/27.64.74 – Tél. 081/ 32.30.53

Marc FICHERS, secrétaire général de Nature & Progrès

Tél. 081/32.30.52 – GSM. 0473/65.36.32